Carnets littéraires

Mercredi 15 mars 2006

Grosse surprise cet après-midi en allant dans une librairie : il existe un livre qui a pour ambition de donner quelques bases en créole réunionnais... Et comme c'est la langue parlée par plus de 90% d'une population de 750.000 habitants, il peut être utile d'y jeter un coup d'oeil un peu avant le départ, si départ il y a.

Niveau grammaire, ça a l'air d'être une langue assez... disons... fluctuante. Par contre, grosse richesse dans les images. Les auteurs ne semblent pas se précipiter pour faire état de cette langue puisqu'hormis un autre livre sur le sujet, il n'y a que Gillette Staudacher-Valliame, une allemande, qui a publié cet ouvrage aux éditions Reise, repris par Assimil, et relu par Elisabelle Solet-Apatolie et Magalie Grondin...

Bref, après un premier feuilletage, j'ai l'impression qu'appréhender la langue, I sar malizé...

Par Nicolas M.
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Vendredi 28 avril 2006

Je m’étais depuis longtemps promis de parler de ce livre étonnant de Roger Vaillant, que vous connaissez peut-être comme auteur du merveilleux 325.000 francs (que ceux qui ne l’ont pas lu courent chez leur libraire…)
Il a également écrit ce petit texte, presque oublié, sur la Réunion que la très jolie maison Kalash a eu la bonne idée de rééditer en 1998.

Vaillant  visite l’île en avril 1958, alors qu’il tente de se désintoxiquer de l’alcool et de la passion politique. Malheureusement, la guerre d’Algérie éclate peu de temps après et le rattrape dans son exil plein de quiétude. A Saint-Denis, l’auteur court également après la créolité, en suivant les baisers savants d’une belle créole…

La Réunion est le récit d’un homme donc, perdu entre l’ennui et le désir, la découverte de l’ancienne Bourbon et la mélancolie de la métropole. Et force est de constater que cinquante ans n’ont pas suffi à faire vieillir ce texte dont l’audace n’a rien à envier aux écrivains modernes et qui constitue aussi une bien heureuse façon de découvrir l’histoire de l’île.

Par Nicolas M.
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Dimanche 11 juin 2006

Cela fait déjà quelques semaines que je n'ai pas parlé de livres relatifs à la Réunion. Après avoir évoqué Roger Vaillant, je vais passer à un tout autre registre avec Gaston.

Qui est Gaston, me direz-vous? C'est un dessinateur de BD qui a eu la bonne idée de créer, pour les éditions Orphie, principale maison d'édition de l'île, des Carnets de voyages. Après s'être attaqué à la Guyane et avant de partir à Mayotte, il a fait un saut sur l'île de la Réunion.

Et ce qui en ressort est tout bonnement excellent. Avec des dessins souvent humoristiques et pleins de couleurs, Gaston se demande ce qui peut bien "pousser un tas d'humains multicolores à se réunir sur un confetti de terre volcanique au beau milieu de l'océan indien".

Grâce à un graphisme attractif, ce livre n'a rien d'un livre régionaliste. Il est drôle, bien fait, et derrière des dessins attrayants se cache une belle petite somme d'informations sur l'île, égrainée de façon ludique. Tout y passe finalement: la géographie, l'histoire du métissage, les religions, la faune, la bouffe, la canne à sucre, les fonds marins...

Bref, une BD tout à fait originale, à conseiller grandement à ceux qui feront le voyage.

Et aux autres, pour les y inciter...

Par Nicolas M.
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Mercredi 21 juin 2006

Bon, autant le dire tout de suite, ce livre, publié par les éditions du Pélican, est destiné aux plus riches d'entre vous. Heureusement, il existe les bienheureuses bibliothèques...

Ce livre, signé par Hélène Leprisé et illustré de photographies de Philippe Giraud, a été coédité par RFO, ce qui est déjà un gage de qualité. Plus qu'un livre de photos (il y en a près de deux-cents, la plupart en pleine page), c'est un ouvrage qui fait le tour de l'île, au sens propore comme au sens figuré. Au cours de cette balade, du nord au sud et d'est en ouest, sont ainsi évoqués, pêle-mêle, le code noir, le maloya et le séga, les vilains sorciers, le riz blanc, les bardeaux, le domaine forestier, l'éruption de 2002 et la belle époque du thermalisme. Et pas mal d'autres choses encore.

En un mot, un livre-tiroirs, qui offrira au futur voyageur un nombre important d'informations, à orientation surtout historiques. On notera la beauté des photos, malheureusement parfois gâchée par des reproductions quelque peu médiocres, ce qui n'est guère pardonnable pour un livre qui vaut près de 45 euros.

Par Nicolas M.
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Lundi 18 septembre 2006

Saint-Pierre est une ville agréable. L'île est magnifique. C'est posé, n'y revenons pas.
Seulement, niveau culture, force est de constater que l'offre proposée est assez mince. Même si j'ai eu l'occasion d'aller au Bato Fou, une salle de concert très sympa dans les hauts de Saint-Pierre, je me suis dit que, si je voulais voir autre chose que des films américains d'actions ou des longs-métrages Bollywood, et ne pas non plus me ruiner dans l'achat de livres (il faudrait que je vous reparle de ça à l'occasion, d'ailleurs), le meilleur moyen était de s'inscrire à la Médiathèque de Saint-Pierre, assez riche en documents, paraît-il. Lire la suite...

 

Consciencieux, je me suis procuré la liste des documents à fournir pour l'inscription. D'un oeil rapide, je la survole : a priori, rien que du commun (pièce d'identité, justificatif de domicile, enveloppe affranchie pour l'envoi de la carte, photo). Mais soudain, mon oeil bute sur deux détails. Le justificatif de domicile doit être nominatif. Autrement dit, les colocataires qui n'ont aucune facture à leur nom doivent oublier d'avoir envie de lire. Mais le plus surprenant, c'est l'avant-dernière ligne : carte de sécurité sociale. Je m'attendais à tout sauf à ça... Si tu veux lire, fais briller ta carte vitale! Etonnant. Quand je m'en suis ému auprès de la bibliothécaire, celle-ci m'a répondu que c'était le Trésor Public qui demandait ce document. « Pour retrouver les gens qui quitteraient le département ».

Mais ma surprise ne s'est pas arrêtée là. Les mineurs doivent fournir une autorisation écrite des parents et un certificat de scolarité. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je me dis qu'un môme de douze ans qui veut emprunter une BD par semaine a intérêt à être sacrément motivé. Car avant de pouvoir le faire, il devra collecter pas moins de sept documents administratifs... Le slogan de la médiathèque, c'est « la lecture c'est près de chez vous ». Près de chez nous, sans doute. Mais, définitivement, pas accessible à tous.

Par Nicolas M.
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Mercredi 4 octobre 2006

Aujourd'hui, je suis ravi. Oh, il ne s'est rien passé de fondamental dans ma petite existence, mais j'ai enfin trouvé... Lire la suite...

...des bouquins à un prix abordable!!! Ils sont d'occasion, certes, mais en bon état, et moins chers que ceux qu'on trouve ailleurs (quand on les trouve). Et dans le même temps, Olivier et Jérôme m'apprennent qu'un petit Bartelt va fleurir sous peu dans ma boîte aux lettres (merci les mecs pour ce gentil cadeau!)
Ici, taxes et importation obligent, les livres sont en effet hors de prix. En moyenne, il faut compter deux euros de plus pour un poche, parfois cinq pour un grand format. Donc, le passage à la caisse est vite douloureux...
Ce ne fut pas le cas aujourd'hui, et je contemple avec une certaine satisfaction mes petits Fallet, Coe, Chase, Hornby et Djian... Miam, miam...
Par Nicolas M.
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Jeudi 8 mars 2007

Des amis ont la bonne idée de m'envoyer de temps en temps des livres. Après un voyage de 10000 kilomètres, ils prennent place sur mon chevet puis dans ma (nécessairement) petite bibliothèque. Après OBJD et Jérôme M. notamment, c'est J&J qui ont eu l'infinie gentillesse de m'envoyer un bouquin.
Si je vous en parle, c'est qu'il y est question de notre chère île.

On doit Ile Bourbon 1730 à la plume de Lewis Trodheim et Appollo. On ne présente plus le co-fondateur des excellentes éditions de L'Association, grand prix de la ville d'Angoulème en 2006 et auteur de la série Donjon et Lapinou. Appollo, lui, est prof de Lettres Modernes et réunionnais.
Ensemble, ils nous racontent l'histoire de deux ornithologues qui décident de retrouver le dernier dodo , oiseau disparu des Mascareignes...
Le style est vif, le dessin assuré, et le scénario ne manque pas d'humour.
Allez, je vous offre la première des 286 pages de ce très beau livre...

Par Nicolas M.
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Vendredi 27 avril 2007

Je viens d'achever la lecture d'un livre admirable. Signé Gérard Thélier, Le Grand livre de l'esclavage, des résistances et de l'abolition, publié en 1998 par les éditions Orphie a déjà un immense mérite: celui d'être remarquablement illustré par le biais de la collection privée de Pierre Alibert notamment.

Mais surtout, ce livre revient de façon très claire sur l'horrible réalité esclavagiste, sur les effroyables détails de la traite et sur le long chemin ayant mené à l'abolition, en des doubles pages qui sont autant de chapitres précis. Une magnifique synthèse en 158 pages...

Et qui, bizarrement, constitue un curieux écho à ceux qui voudraient nous faire croire que le colonialisme partait d'une bonne intention. Certains le croint encore. Vous ne voyez pas de qui je parle? Cliquez ici extlink.png pour le savoir...


Par Nicolas M.
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Lundi 10 décembre 2007

geo-reunion.gif Ah, c'est quand même terrible l'éloignement (j'avais déjà parlé de la continuité territoriale ici et mentionné cet article, dont je ne peux que vanter les qualités)...

Nouvelle illustration: le magazine Géo du mois de novembre (qui vient seulement d'arriver dans nos kiosques le 9 décembre) est, devinez quoi, consacré... à la Réunion!

Au programme, beaucoup de jolies images (même si certaines sont décevantes), et un dossier qui devrait passionner ceux qui viennent sur ce blog ou qui projettent de venir sur l'île.

Alors, si ça vous intéresse, précipitez-vous chez votre marchand de journaux, il n'est peut-être pas trop tard...

Par Nicolas M.
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Vendredi 28 décembre 2007

A la Réunion, en plus d'un quotidien communiste assez confidentiel - Témoignages -, deux journaux se font concurrence. Le Journal de l'Ile, plus communément appelé JIR, qui joue la carte du sensationnalisme, un brin torchon, une sorte de TF1 de la presse réunionnaise, et le second, Le Quotidien, souvent plus mesuré et jouant davantage la carte de l’information. Evidemment, c’est le premier des deux qui rencontre le plus vif succès. (Loi dite de « Voici, Paris-Match et Closer  undefined »).

Et ce matin alors que Le Quotidien consacrait sa une à « Benazir Bhutto, martyre », le JIR, lui, consacrait la sienne à… Miss France, avec ce titre métonymique qui aurait sans nul doute épaté Montherlant : « La couronne contre le chapeau ».

Pour le JIR, la dictature de Genevive Poirot (née Mulmann) dite « de Fontenay » est donc plus importante que l’atteinte à la démocratie pakistanaise…

 
Par Nicolas M.
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Ô, Lecteur

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