Vendredi 12 juin 2009

Comme le rougail saucisses, le rhum Charrette ou les ananas Victoria, les lambrequins font partie du patrimoine de La Réunion.

Alors que nous dit le dictionnaire ?

1. (Architecture) Bordure à festons, pièce d'ornement découpée soit en bois ou en métal, bordant un avant-toit en saillie ou le haut d'une fenêtre.

Mais, si vous regardez la deuxième occurrence, on décrit le lambrequin, non plus comme un terme d'architecture, mais comme un terme appartenant au vocabulaire des arts décoratifs :

2. (Décoration) Bandeau d'étoffe qui surmonte un décor de tapisserie ou des rideaux de fenêtre.

En vérité, ce que je trouve le plus sympa, c'est que la langue créole (que je commence entre parenthèse à apprendre intensément), si prompte à inventer des images, a su former un mot-valise alliant les deux définitions du mot en français. En effet, pour parler de ces décorations, elle utilise le mot dantel-lakaz, autrement dit, la dentelle de la maison...

Reste que cette dentelle, et il faut le déplorer, n'arrête pas de disparaitre, puisqu'on détruit à tout-va, dans une indifférence assourdissante, de nombreuses petites case créoles (sans doute près d'une cinquantaine à Saint-Pierre en trois ans), remplacée par des immeubles dégueulasses, modernes et de style métropolitain, avec l'aval des politiciens locaux, qui ne songent pas une seconde à classer ces petites maisons qui, si elles sont parfois vétustes et cachées, représentent pourtant l'âme de La Réunion.

Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets créoles - Communauté : Ile de La Réunion
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