Si vous n'avez jamais circulé dans Paris, tout le monde vous le dira: les parisiens, au volant, ne sont guère sympas. Ils ne vous laissent que rarement passer à un rond-point, ou s'ils le
font, c'est au prix parfois d'un geste viril.
Dans le sud de la France, le conducteur porte le verbe haut, et son bras, négligemment posé sur le bord de la portière, vitre baissée, lui sert assez souvent de clignotant.
A La Réunion, c'est différent. En effet, un membre essentiel ponctue la vie routière: l'index.
Explication.
Le conducteur, pour laisser passer un piéton, qu'il soit ou non sur un passage protégé (le bon droit est ici un concept très relatif), lui fait un discret signe de l'index. Sa main reste posée
sur le volant, mais son doigt, imperceptiblement, bouge. Inutile de vous dire que ce geste est presque invisible pour le non-initié (c'est plus joli que touriste). De la même façon, dans
les embouteillages (hélas nombreux), un simple déploiement de la première phalange suffit à faire comprendre à son égal conducteur (mon semblable, mon frère), qu'on lui laisse la place pour
prendre la file.
Mais le plus drôle, c'est que côté piéton, c'est la même chose. Si un conducteur vous laisse passer (ce qui est généralement le cas où que vous soyez), vous le remerciez d'un petit lever d'index.
Vous ne levez pas la main ou même le bras (trop physique sous cette chaleur), non, vous laissez votre bras pendant, et levez juste l'index, en signe de connivence et de remerciement.
La preuve qu'un simple petit index peut être un élément structurant du civisme routier...
Par Nicolas M.
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Publié dans : Carnets de société
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