Marche sur le feu

Publié le par Nicolas M.

Je n’avais jusqu’à présent — malgré l’envie  — jamais eu la possibilité d’assister à une marche sur le feu. C’est chose faite depuis deux jours, après qu’une connaissance m’en ait averti.
Dimanche soir donc, je me retrouve à proximité d’un temple hindou. Des dizaines de tamoules sont en habit de cérémonie, marchant jusqu’au lieu de culte.
Après avoir traversé plusieurs rues, nous y voici. Au sol, un carré de braise de trois mètres sur trois environ rougeoie dans le crépuscule naissant. Les clochettes et les tambours résonnent, des effluves d’encens traversent l’air. Les minutes passent. Et soudain, au loin, après la montée progressive de l’euphorie collective, arrive un groupe d’homme lançant avec ferveur des chants qu’on pourrait dire guerriers. Ils marchent en un bloc compact, comme pour se donner du courage puis se positionnent devant le feu. Un frisson traverse l’assistance et les gens sont aux aguets, au point qu’il est malaisé de voir les braises.
Les premiers marcheurs s’élancent, certains avec l’assurance d’une démarche militaire, d’autres, sur la pointe des pieds, semblent souffrir le martyr. La plupart sont saisis à bout de bras, à la fin de ce court mais trop long parcours, par d’autres hommes pour éviter qu’ils ne s’effondrent. Des applaudissements félicitent les plus jeunes marcheurs.
Et soudain, alors que tous les hommes ont marché sur les braises, la foule se recule vivement, comme prise de panique.
Le bouc vient de faire son entrée. Il est solidement tenue à la tête et aux pattes arrières par deux hommes. Le bruit de la foule empêche de savoir si la bête pousse des râles. Ses yeux craintifs sont en revanche bien visibles. Soudain, un homme maquillé, longs cheveux ondulés tombant sur ses épaules, lève le sabre que tenait avant lui chaque marcheur. La foule est comme suspendue à la lame.
 
Le geste est sec, vif, brutal. La tête de l’animal se détache dans un bruit de succion. Elle est, tel un trophée, exhibée à la foule qui, d’un coup, se met à chanter et danser autour du brasier.
Dans son sang qui se répand encore, l’animal sans tête gît et, marionnette curieuse, est pris de convulsions pendant d’interminables minutes.
Les festivités nocturnes peuvent commencer….

 

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mathieu 31/01/2008 14:14

ouah....étonnant! tu racontes très bien la scene, je dois dire qu'on s'y croirait.  pauvre aniaml, c'est un bouc....émissaire de la folie religieuse de l'Homme!on va au temple, montre-moi Tamoule! (oups)

Nicolas M. 03/02/2008 16:37

Tu es ami et je n'aime pas la censure, donc je ne supprimerai jamais rien de tes messages, même les pires grossièretés que tu oses proférer en ce chaste lieu...

Zaza 30/01/2008 09:58

Barf... je ne sais pas si je vais venir finalement !!Bises

Nicolas M. 03/02/2008 16:35

Allons, allons, on se ressaisit...

Anne 29/01/2008 17:36

Déconseillé aux moins de 12 ans...Comme quand je vois cette phrase à la télé, je serais bien incapable de garder les yeux ouverts jusqu'au bout !

Nicolas M. 25/05/2009 15:16


Allons, allons, Anne, tu n'as plus 12 ans, si?...