Quitter Paris et longer la côte italienne, apercevoir Rome, Turin et Elbe, voir Naples (et mourir, bien sûr) et les îles éoliennes, dormir un peu et se réveiller à Maurice devant un ciel d’aurore
allant du vert pomme à l’orange vif. Retrouver pied, sentir l’atmosphère iodée et le vent chaud, remettre du piment dans ses plats voire dans sa vie et retrouver sa boulangère qui fait maintenant
crédit quand elle n’a pas la monnaie (signe indéniable d’intégration).
Se dire que finalement, ici, la vie est douce, savates deux-doigts et lunettes de soleil. Se souvenir des yeux qui brillent quand on en parle, mais dire que ce n’est pas le paradis (qui n’existe
pas), que le sable chaud n’empêche pas les problèmes, et que le théorème aznavourien est faux : la misère n’est pas moins pénible au soleil.
Garder en mémoire le sourire des amis de métropole et recommencer à se faire brûler la peau.
On en oublierait presque la reprise du travail.
S’attarder le soir, sur la digue, sentir le vent tant apprécié des kite-surfeurs (ce sera le cadeau du
jour
), aller dans un snack pour commander un pain-bouchons, retrouver le hamac, écouter
la mer au loin et se dire, tiens, je suis à 10.000 bornes…
Mais se sentir un peu chez soi.
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).