Jeudi 16 juillet 2009
Juste pour le plaisir des yeux, quatre photos prises lors d'une récente randonnée entre Dos d'Âne et la Roche Ecrite.


Cliquez sur les images pour les agrandir...
Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de promenades - Communauté : Ile de La Réunion
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Jeudi 2 juillet 2009


Crachin, brouillard et houle
L'ombrelle se referme et le parapluie s'ouvre
Sur les trottoirs humides: la savate se fige. 

Soleil de plomb, gouttes de pluie
Il fait chaud le midi et humide le soir
Les nuages chargés grisaillent la lumière.

Brouillard, grain et bourrasques
Les margouillats se taisent, les moustiques s'endorment
La couverture réchauffe, orpheline, les corps.

Vent, bruine et froid
Les jeans, certes moulants, remplacent les jupettes,
Voici le temps venu des pulls et des chaussettes!


 
Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de plume - Communauté : Ile de La Réunion
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Lundi 29 juin 2009

C'est un curieux petit sac que l'on trouve à La Réunion. Fabriqué à l'aide du vacoa (vous savez, ce pandanus qui donne des fruits délicieux pour les achards), il est plat et n'a généralement qu'une ouverture sur le dessus. Il est doté de bretelles sommaires mais solides, lesquelles ont d'ailleurs donné, après dérivation, leur nom à l'objet.

Pour fabriquer le bertel, on utilise les longues feuilles du pandanus utilis (qui mesurent jusqu'à un mètre cinquante), on les sèche, on les ramollit dans l'eau, on fait le tressage, et on expose le tout au soleil pour bien sécher l'ensemble.

Le bertel étant à la mode, on en trouve maintenant des variantes avec un petit capuchon pour le fermer. Le bertel traditionnel, quant à lui, est toujours utilisé par les coupeurs de canne pour y mettre leur sabre.

Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets créoles - Communauté : Ile de La Réunion
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Vendredi 12 juin 2009

Comme le rougail saucisses, le rhum Charrette ou les ananas Victoria, les lambrequins font partie du patrimoine de La Réunion.

Alors que nous dit le dictionnaire ?

1. (Architecture) Bordure à festons, pièce d'ornement découpée soit en bois ou en métal, bordant un avant-toit en saillie ou le haut d'une fenêtre.

Mais, si vous regardez la deuxième occurrence, on décrit le lambrequin, non plus comme un terme d'architecture, mais comme un terme appartenant au vocabulaire des arts décoratifs :

2. (Décoration) Bandeau d'étoffe qui surmonte un décor de tapisserie ou des rideaux de fenêtre.

En vérité, ce que je trouve le plus sympa, c'est que la langue créole (que je commence entre parenthèse à apprendre intensément), si prompte à inventer des images, a su former un mot-valise alliant les deux définitions du mot en français. En effet, pour parler de ces décorations, elle utilise le mot dantel-lakaz, autrement dit, la dentelle de la maison...

Reste que cette dentelle, et il faut le déplorer, n'arrête pas de disparaitre, puisqu'on détruit à tout-va, dans une indifférence assourdissante, de nombreuses petites case créoles (sans doute près d'une cinquantaine à Saint-Pierre en trois ans), remplacée par des immeubles dégueulasses, modernes et de style métropolitain, avec l'aval des politiciens locaux, qui ne songent pas une seconde à classer ces petites maisons qui, si elles sont parfois vétustes et cachées, représentent pourtant l'âme de La Réunion.

Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets créoles - Communauté : Ile de La Réunion
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Dimanche 7 juin 2009
Cela arrive chaque mois. Cadence immuable.

Ce soir, dix-sept heures quarante-sept, le soleil se couche sur la mer, et l'étreinte fait naître, face à eux, une lueur rosée qui envahit le ciel. De petits nuages, plumes de l'oreiller, s'accrochent au Mont-Vert, qui se détache du fond pur et violet.

Et soudain, superbe, la pleine lune grimpe dans le ciel, en s'accrochant à la montagne. Projecteur en plein jour, elle éclaire les vaguelettes du port, et les câbles, sur les mâts des bateaux, l'applaudissent dans le vent.




Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de plume - Communauté : Ile de La Réunion
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Lundi 11 mai 2009
Ca faisait quelques semaines que je n'étais pas passé par ici. Comme le temps passe vite!

J'étais en Afrique du Sud pour le boulot. Comme j'ai eu un week-end, j'ai pu en profiter pour aller faire un tour dans la réserve de Tala, à quelques kilomètres de Durban. Et puis, j'ai fait un détour par l'aquarium de la ville, très grand et très chouette.

Je vous laisse découvrir cela en images (il faut rendre à César ce qui lui appartient, certaines sont d'Amandine B., une collègue de travail), en suivant ce lien. Les commentaires sont bien entendu les bienvenus. A bientôt!

Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets d'animaux - Communauté : Ile de La Réunion
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Mercredi 15 avril 2009
Jef Wesh m'a interpellé, un soir, sur la plage. « Il faut que tu lises Droit du sol de Charles Masson ». Comme le bonhomme est sympathique (il est dessinateur, il faudrait que je vous en parle), je ne me suis pas fait prier. D'autant que le second était en dédicace, à deux pas de chez moi, quelques jours plus tard. Alors j'y suis allé, et ai acheté cette bédé de 400 pages.

On y croise des médecins, un instit', un ancien héroïnomane, des filles qui veulent s'en sortir, des gens qui viennent avec des idéaux, d'autres qui les ont perdus depuis longtemps, des paumés qui pêchent au gros en se murgeant la gueule, des personnels de la PAF qui filtrent l'hôpital, des amours pas sincères, et une bonne dose de désillusion.

Charles Masson, plutôt que de nous présenter Mayotte, ses plages, ses tortues et sa nature exubérante (j'en parlais ici, mais aussi et , encore ici, et enfin ), nous livre dans ce récit le côté sombre de ce confetti insulaire, situé à deux pas des îles comoriennes et à quelques encablures de Madagascar. Ses planches en noir et blanc restituent parfaitement le soleil qui brille trop et la nuit sans fin des radeaux de fortune sur lesquels s'entassent des clandestins à la recherche d'un monde meilleur.

Habilement construit, le livre nous donne à voir le destin de ces personnages gonflés, c'est selon, d'espoir ou de mépris. Avec le talent d'un Larcenet (celui du Combat ordinaire [que ceux qui ne connaissent pas se précipitent chez leur libraire!]), il nous fait entrevoir la réalité, rarement rose, de cette île qui est devenue, le 29 mars dernier, département français.

C'est en ce sens un livre important, un livre coup de point, fruit de quatre ans de voyages, de neuf mois d'écriture et de neuf mois de dessin. Et je lance le pari que cette bande dessinée vous marquera aussi longtemps qu'a duré sa création.

Charles Masson, Droit du sol, Casterman "Ecritures", 24€.


Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets littéraires - Communauté : Ile de La Réunion
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Jeudi 9 avril 2009

Les 4 départements d’Outre-mer ont cette particularité d’avoir trois chiffres comme numéro de département.
 
Ce système, qui existe depuis les années 50, a cependant atteint ses limites car, avec l’apparition de la troisième lettre centrale, la plaque n’était plus assez longue (520 mm, comme en métropole). Le 974 (qui était parfois écrit 9-74) a donc dû mincir, et l'arrêté du 1er juillet 1996 a autorisé la superposition des chiffres 9 et 7 pour permettre l'utilisation du modèle de plaque européenne. Aujourd’hui, il n’y a plus que les vieux modèles qui ont encore les trois chiffres sur la même ligne.
 
Si je vous parle de ça, c’est qu’ici, le 974 a une visibilité exceptionnelle et les gens semblent y être très attachés, puisqu’on ne le retrouve pas seulement sur les plaques, mais sous une multitude de déclinaisons (t-shirts [où il est parfois écrit 97.4 façon fréquence radio ou banlieue parisienne], affiches, CDs, éléments de tunning, et même tatouages !) que vous pouvez voir sous ce lien. Vous le noterez, c’est assez étonnant… Il y a quelques mois encore, les T-shirts départementalistes constituaient l’accoutrement presque obligé des jeunes réunionnais(es). 
 
Aujourd’hui, ça semble s’être un peu calmé. C’est entre autre pour cela que j’ai hâte d’être le 15 avril, puisqu’à cette date, les plaques départementales vont peu à peu disparaitre du paysage automobile pour laisser place aux plaques universelles. Ce qui revient à dire que le 974 va peu à peu mourir…

P.-S. Un petit commentaire, ça fait toujours plaisir. Si, si…

 

Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de société - Communauté : Ile de La Réunion
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Mardi 7 avril 2009
Je vous avais parlé, il y a plus d'un an (comme le temps passe vite), d'un curieux fruit appelé Pépino(s) (pour les nostalgiques, voici le lien). Aujourd'hui, laissez-moi vous compter les aventures de sa cousine, dame Tomate arbuste.

Pourquoi sa cousine? Tout simplement parce que cette dame (de son vrai nom Cyphomandia Betacea) appartient à la famille des Solanacées, comme le pépino. Et elle a, comme lui, de jolies petites rayures sur le corps.

De la grosseur d'une tomate, la pulpe est orange, assez peu parfumée mais très rafrâichissante et relativement sucrée. Par contre, la peau est épaisse et amère, et donc non comestible. Tout comme les feuilles qui sont toxiques.

On trouve la tomate arbuste à La Réunion depuis des lustres, et on imagine qu'elle vient d'Argentine, d'où son appellation, parfois, de Tamarillo). Ici, on l'utilise en confiture et en rougail. Avec un peu de piment, c'est excellent. Peu calorique, elle est bourrée de vitamines.

Voilà, vous savez tout. Je vous reparlerai bientôt du fruit de la passion (oui, je ne m'en lasse pas). En attendant, n'hésitez pas à feuilleter le Carnets de fruits, où quinze fruits curieux vous attendent...


Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de fruits - Communauté : Ile de La Réunion
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Mercredi 1 avril 2009
Si vous n'avez jamais circulé dans Paris, tout le monde vous le dira: les parisiens, au volant, ne sont guère sympas. Ils ne vous laissent que rarement  passer à un rond-point, ou s'ils le font, c'est au prix parfois d'un geste viril.
Dans le sud de la France, le conducteur porte le verbe haut, et son bras, négligemment posé sur le bord de la portière, vitre baissée, lui sert assez souvent de clignotant.

A La Réunion, c'est différent. En effet, un membre essentiel ponctue la vie routière: l'index.
Explication.
Le conducteur, pour laisser passer un piéton, qu'il soit ou non sur un passage protégé (le bon droit est ici un concept très relatif), lui fait un discret signe de l'index. Sa main reste posée sur le volant, mais son doigt, imperceptiblement, bouge. Inutile de vous dire que ce geste est presque invisible pour le non-initié (c'est plus joli que touriste). De la même façon, dans les embouteillages (hélas nombreux), un simple déploiement de la première phalange suffit à faire comprendre à son égal conducteur (mon semblable, mon frère), qu'on lui laisse la place pour prendre la file.

Mais le plus drôle, c'est que côté piéton, c'est la même chose. Si un conducteur vous laisse passer (ce qui est généralement le cas où que vous soyez), vous le remerciez d'un petit lever d'index. Vous ne levez pas la main ou même le bras (trop physique sous cette chaleur), non, vous laissez votre bras pendant, et levez juste l'index, en signe de connivence et de remerciement.

La preuve qu'un simple petit index peut être un élément structurant du civisme routier...
Par Nicolas M. - Publié dans : Carnets de société - Communauté : Ile de La Réunion
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