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C'est un curieux petit sac que l'on trouve à La Réunion. Fabriqué à l'aide du vacoa (vous savez, ce pandanus qui donne des fruits délicieux pour les achards), il est plat et n'a généralement qu'une ouverture sur le dessus. Il est doté de bretelles sommaires mais solides, lesquelles ont d'ailleurs donné, après dérivation, leur nom à l'objet.
Pour fabriquer le bertel, on utilise les longues feuilles du pandanus utilis (qui mesurent jusqu'à un mètre cinquante), on les sèche, on les ramollit dans l'eau, on fait le tressage, et on expose le tout au soleil pour bien sécher l'ensemble.
Le bertel étant à la mode, on en trouve maintenant des variantes avec un petit capuchon pour le fermer. Le bertel traditionnel, quant à lui, est toujours utilisé par les coupeurs de canne pour y mettre leur sabre.
Comme le rougail saucisses, le rhum Charrette ou les ananas Victoria, les lambrequins font partie du patrimoine de La Réunion.
Alors que nous dit le dictionnaire ?
1. (Architecture) Bordure à festons, pièce d'ornement découpée soit en bois ou en métal, bordant un avant-toit en saillie ou le haut d'une fenêtre.
Mais, si vous regardez la deuxième occurrence, on décrit le lambrequin, non plus comme un terme d'architecture, mais comme un terme appartenant au vocabulaire des arts décoratifs :
2. (Décoration) Bandeau d'étoffe qui surmonte un décor de tapisserie ou des rideaux de fenêtre.
En vérité, ce que je trouve le plus sympa, c'est que la langue créole (que je commence entre parenthèse à apprendre intensément), si prompte à inventer des images, a su former un mot-valise alliant les deux définitions du mot en français. En effet, pour parler de ces décorations, elle utilise le mot dantel-lakaz, autrement dit, la dentelle de la maison...
Reste que cette dentelle, et il faut le déplorer, n'arrête pas de disparaitre, puisqu'on détruit à tout-va, dans une indifférence assourdissante, de nombreuses petites case créoles (sans doute près d'une cinquantaine à Saint-Pierre en trois ans), remplacée par des immeubles dégueulasses, modernes et de style métropolitain, avec l'aval des politiciens locaux, qui ne songent pas une seconde à classer ces petites maisons qui, si elles sont parfois vétustes et cachées, représentent pourtant l'âme de La Réunion.
Jef Wesh m'a interpellé, un soir, sur la plage. « Il faut que tu lises Droit du
sol de Charles Masson ». Comme le bonhomme est sympathique (il est dessinateur, il faudrait que je vous en parle), je ne me suis pas fait prier. D'autant que le second était en dédicace, à
deux pas de chez moi, quelques jours plus tard. Alors j'y suis allé, et ai acheté cette bédé de 400 pages.
P.-S. Un petit commentaire, ça fait toujours plaisir. Si, si…
Je vous avais parlé, il y a plus d'un an (comme le temps passe vite), d'un curieux
fruit appelé Pépino(s) (pour les nostalgiques, voici le lien). Aujourd'hui, laissez-moi vous compter les aventures de sa
cousine, dame Tomate arbuste.